Le déménagement n'est pas une industrie réglementée au Québec. Voici les sept choses vérifiables qui distinguent une entreprise sérieuse d'un camion loué.
Commençons par le fait le plus important, et le moins connu : il n'existe aucun permis de déménageur au Québec. N'importe qui peut louer un camion, faire une page Facebook et prendre des contrats demain matin.
La Commission des transports du Québec délivre des permis pour le camionnage en vrac, les autobus, le transport maritime, le ferroviaire et le transport rémunéré de personnes. Le déménagement n'y figure pas.
C'est exactement pour ça que les vérifications qui suivent comptent autant.
Le SPVM résume la règle : « Si cela semble trop beau pour être vrai, c'est probablement le cas. »
Une entreprise qui exploite sous un nom autre que le nom et prénom de son propriétaire doit être immatriculée au REQ. C'est une obligation légale, la recherche est gratuite et prend deux minutes. Pas de NEQ trouvable = signal d'alarme immédiat.
Dès qu'un véhicule atteint 4 500 kg de poids nominal brut — soit tous les camions de déménagement — le propriétaire doit être inscrit au Registre des propriétaires et exploitants de véhicules lourds. La SAAQ est explicite : tant que le propriétaire n'est pas inscrit, le véhicule n'a pas le droit de circuler.
Mieux : la cote de sécurité attribuée par la Commission des transports du Québec est publique. Elle peut être « Satisfaisant », « Conditionnel » ou « Insatisfaisant ». Vous pouvez la consulter vous-même au registre en ligne de la CTQ.
L'OPC recommande de vérifier une couverture d'au moins 1 000 000 $. Demandez le certificat. Une entreprise sérieuse l'envoie sans discuter — certains déménageurs le publient même directement sur leur site.
Demandez précisément : « Quelle est votre protection de base, et est-elle calculée au poids ou à la valeur ? » La bonne réponse honnête est : au poids, environ 0,60 $ la livre. Un déménageur qui vous dit « tout est assuré » sans préciser vous cache l'essentiel.
Si un déménageur se blesse chez vous et qu'il n'est pas couvert, vous pouvez être visé. En commercial, c'est encore plus important : un donneur d'ouvrage peut se voir réclamer les cotisations impayées d'un sous-traitant non conforme. L'attestation de conformité se demande via MonEspace CNESST.
Pour un contrat conclu par téléphone ou par Internet — la majorité des soumissions de déménagement — l'écrit est obligatoire, et il doit vous être transmis dans les 15 jours suivant sa conclusion. Il doit contenir le nom et l'adresse du commerçant, la date, la description des services, le coût total, les modalités de paiement, la date et l'heure, et les conditions d'annulation.
C'est textuellement ce que l'OPC recommande d'éviter : les entreprises qui ne fournissent qu'un numéro de téléphone comme coordonnées. Une entreprise avec pignon sur rue a quelque chose à perdre.
Lors de son programme de surveillance de 2025, l'Office de la protection du consommateur a effectué 101 vérifications auprès d'entreprises de déménagement et transmis 89 avis de rappel — soit 88 % des entreprises visitées. Les infractions relevées portaient notamment sur des clauses interdites dans les contrats, les règles de dépôt en fidéicommis et les obligations applicables aux contrats à distance.
Autrement dit : le problème n'est pas marginal.
Aucune n'est obligatoire, mais elles constituent des signaux :
Une entreprise sérieuse répond aux trois en moins de vingt-quatre heures. Celle qui hésite, qui détourne ou qui trouve ça compliqué vient de vous donner votre réponse.
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